L’arthrose de hanche, aussi appelée coxarthrose, correspond à l’usure progressive du cartilage de l’articulation située entre le bassin et le fémur. Cette évolution peut être lente, parfois sur plusieurs années. Au début, la douleur est souvent modérée, intermittente, et apparaît surtout après un effort, une longue marche ou une station debout prolongée.
Avec le temps, la gêne peut devenir plus régulière. La douleur peut limiter la marche, rendre les escaliers plus difficiles, perturber certaines activités du quotidien ou entraîner une perte progressive de mobilité. À ce stade, beaucoup de patients se demandent s’il faut simplement adapter leurs activités, poursuivre les traitements médicaux ou consulter un chirurgien orthopédiste.
Toutes les douleurs de hanche ne nécessitent pas une intervention chirurgicale. En revanche, certaines situations doivent amener à faire le point, surtout lorsque la douleur persiste, s’aggrave ou réduit progressivement l’autonomie.
Comment reconnaître une douleur liée à l’arthrose de hanche ?
La douleur liée à l’arthrose de hanche est souvent une douleur mécanique. Elle apparaît ou s’aggrave lors de l’utilisation de l’articulation, notamment à la marche, lors de la montée des escaliers ou après une activité prolongée.
Elle peut être ressentie à différents endroits :
- dans le pli de l’aine ;
- sur le côté de la hanche ;
- dans la fesse ;
- parfois dans la cuisse ;
- parfois jusqu’au genou, sous forme de douleur projetée.
Cette localisation peut parfois prêter à confusion. Certains patients pensent souffrir d’un problème musculaire, lombaire ou du genou, alors que la douleur vient en réalité de la hanche.
L’arthrose de hanche peut aussi provoquer une raideur progressive. Le patient peut avoir plus de mal à enfiler ses chaussures, à croiser les jambes, à entrer ou sortir d’une voiture, ou à effectuer certains mouvements de rotation.
Douleur de hanche : quand faut-il commencer à s’inquiéter ?
Une douleur ponctuelle après un effort inhabituel n’est pas forcément inquiétante. En revanche, il devient utile de consulter lorsque la douleur devient plus fréquente, plus durable ou plus gênante.
Plusieurs signes doivent attirer l’attention :
- une douleur de hanche qui persiste malgré le repos ;
- une douleur qui revient dès que l’on marche ;
- une gêne pour monter ou descendre les escaliers ;
- une boiterie qui apparaît progressivement ;
- une difficulté à se chausser ou à s’habiller ;
- une perte de mobilité ;
- une douleur nocturne ou au repos ;
- une diminution du périmètre de marche ;
- une gêne dans les activités quotidiennes ;
- une impression de blocage ou de raideur de plus en plus marquée.
Lorsque ces signes s’installent, il est important de ne pas se limiter à “supporter” la douleur. Une consultation permet de comprendre l’origine des symptômes, d’évaluer le degré d’usure de l’articulation et d’adapter la prise en charge.
Arthrose de hanche et douleur à la marche
La marche est souvent l’un des premiers éléments impactés par l’arthrose de hanche. Au début, la gêne peut apparaître uniquement après une longue distance. Puis, progressivement, le périmètre de marche peut diminuer.
Le patient peut avoir besoin de s’arrêter plus souvent, d’éviter certains trajets, de limiter les déplacements ou de modifier ses habitudes. Cette évolution est importante à prendre en compte, car elle reflète l’impact réel de l’arthrose sur la qualité de vie.
La douleur à la marche peut aussi entraîner une boiterie. Cette boiterie n’est pas seulement un symptôme : elle peut modifier la façon de marcher, créer des compensations et favoriser d’autres douleurs, notamment au niveau du dos, du genou ou de l’autre hanche.
Lorsque la marche devient difficile ou que les activités du quotidien sont limitées, une consultation avec un spécialiste de la hanche peut permettre de faire le point sur les options possibles.
Douleur nocturne : un signe à surveiller
L’arthrose de hanche provoque généralement des douleurs mécaniques, donc surtout présentes lors de l’activité. Toutefois, lorsque l’arthrose devient plus avancée ou lors de certaines poussées inflammatoires, la douleur peut aussi être ressentie au repos ou la nuit.
Une douleur nocturne régulière peut devenir très invalidante, car elle perturbe le sommeil et la récupération. Elle peut aussi traduire une évolution de la maladie ou une poussée douloureuse plus importante.
Ce type de douleur ne signifie pas automatiquement qu’une opération est nécessaire. En revanche, il justifie souvent une réévaluation médicale, surtout si les traitements habituels ne suffisent plus.
Perte de mobilité : un élément important dans la décision
L’arthrose de hanche ne provoque pas seulement de la douleur. Elle peut aussi limiter les mouvements de l’articulation.
Cette perte de mobilité peut se manifester par :
- une difficulté à lever la jambe ;
- une gêne pour tourner la hanche ;
- une difficulté à se baisser ;
- une limitation pour enfiler chaussettes ou chaussures ;
- une gêne pour entrer dans une voiture ;
- une sensation de raideur au réveil ou après une période assise.
Cette raideur progressive peut impacter fortement l’autonomie. Elle doit être prise en compte au même titre que la douleur, car deux patients avec une arthrose similaire à la radiographie peuvent vivre des situations très différentes au quotidien.
Quand consulter pour une douleur de hanche ?
Il est conseillé de consulter lorsque la douleur devient persistante, lorsqu’elle limite les activités ou lorsqu’elle évolue malgré les traitements habituels.
La consultation permet de répondre à plusieurs questions :
- la douleur vient-elle réellement de la hanche ?
- s’agit-il d’une arthrose, d’une tendinopathie, d’un problème lombaire ou d’une autre cause ?
- quel est le degré d’usure de l’articulation ?
- les traitements médicaux sont-ils encore adaptés ?
- faut-il envisager un avis chirurgical ?
- une prothèse de hanche peut-elle être discutée à moyen terme ?
Le chirurgien orthopédiste ne propose pas systématiquement une opération. Son rôle est d’évaluer l’articulation, de confirmer le diagnostic et de déterminer le traitement le plus adapté à la situation du patient.
Au Pôle Locomoteur de la Colline, la prise en charge des pathologies de la hanche s’inscrit notamment dans l’expertise du Dr Julien Roger, chirurgien de la hanche, spécialisé dans la chirurgie de la hanche, la prothèse totale de hanche, la reprise de prothèse et la planification 3D.
Quels examens pour confirmer l’arthrose de hanche ?
Le diagnostic repose d’abord sur l’examen clinique. Le médecin ou le chirurgien analyse la localisation de la douleur, la mobilité de la hanche, la marche, la présence d’une boiterie et les gestes qui déclenchent les symptômes.
Des radiographies sont généralement réalisées pour visualiser l’état de l’articulation. Elles permettent d’évaluer l’usure du cartilage, le pincement de l’interligne articulaire, les déformations osseuses et le stade de l’arthrose.
Dans certains cas, d’autres examens peuvent être nécessaires, notamment lorsque les symptômes ne correspondent pas parfaitement aux images ou lorsqu’une autre cause de douleur doit être recherchée.
La décision thérapeutique ne repose pas uniquement sur l’imagerie. Elle dépend aussi de la douleur ressentie, de la gêne fonctionnelle, du niveau d’activité et des attentes du patient.
Arthrose de hanche : quels traitements avant la chirurgie ?
Avant d’envisager une prothèse de hanche, plusieurs traitements peuvent être proposés pour soulager les douleurs et maintenir la mobilité.
Selon les situations, la prise en charge peut inclure :
- l’adaptation des activités ;
- la kinésithérapie ;
- les exercices de renforcement musculaire ;
- les traitements antalgiques ;
- les anti-inflammatoires lorsqu’ils sont possibles ;
- les infiltrations dans certains cas ;
- l’utilisation temporaire d’une aide à la marche ;
- l’adaptation du poids si cela est indiqué.
Ces traitements ne permettent pas de reconstruire le cartilage usé, mais ils peuvent aider à contrôler les symptômes et à ralentir l’impact fonctionnel de l’arthrose.
Lorsque ces solutions ne suffisent plus, que la douleur devient trop importante et que la qualité de vie se dégrade, une prise en charge chirurgicale peut être discutée.
À quel moment envisager une prothèse totale de hanche ?
La prothèse totale de hanche peut être envisagée lorsque l’arthrose est évoluée et que les traitements médicaux ne permettent plus de soulager suffisamment les douleurs ou de maintenir une qualité de vie acceptable.
Les principaux éléments pris en compte sont :
- l’intensité des douleurs ;
- la gêne à la marche ;
- la perte de mobilité ;
- la difficulté à effectuer les gestes du quotidien ;
- l’échec ou l’insuffisance des traitements médicaux ;
- le stade de l’arthrose à l’imagerie ;
- l’état général du patient ;
- ses attentes fonctionnelles.
L’objectif d’une prothèse totale de hanche est de remplacer l’articulation usée afin de soulager la douleur, restaurer une mobilité plus confortable et améliorer la fonction au quotidien.
Cette intervention s’inscrit dans la prise en charge globale de la chirurgie de la hanche, qui regroupe différentes pathologies et solutions thérapeutiques selon l’âge, l’état articulaire et les besoins du patient.
Ne pas attendre que la gêne devienne trop importante
Il est compréhensible de vouloir retarder une intervention chirurgicale. Cependant, attendre trop longtemps peut parfois entraîner une perte d’autonomie, une diminution importante de la marche, une fonte musculaire et des compensations douloureuses.
L’objectif n’est pas d’opérer trop tôt, mais de trouver le bon moment. Ce moment dépend de chaque patient : certains vivent longtemps avec une arthrose bien tolérée, tandis que d’autres sont rapidement limités malgré les traitements.
Une consultation permet d’anticiper, de suivre l’évolution et de discuter des options possibles avant que la gêne ne devienne trop importante.
Prendre rendez-vous
Si vous souffrez d’une douleur persistante de la hanche, d’une gêne à la marche ou d’une perte de mobilité progressive, une consultation peut permettre de faire le point sur l’origine de vos symptômes et les solutions adaptées.
Vous pouvez prendre rendez-vous avec un chirurgien orthopédiste du Pôle Locomoteur de la Colline afin d’évaluer vos douleurs, vos examens d’imagerie et les options de prise en charge possibles.
Pour toute question complémentaire, vous pouvez également joindre l’équipe via le formulaire de contact.
Questions fréquentes sur l’arthrose de hanche
Quand consulter pour une douleur de hanche ?
Il est conseillé de consulter lorsque la douleur persiste, revient régulièrement à la marche, limite les activités quotidiennes ou s’accompagne d’une perte de mobilité.
Une douleur de hanche signifie-t-elle toujours arthrose ?
Non. Une douleur de hanche peut avoir plusieurs origines : arthrose, tendinopathie, problème lombaire, conflit fémoro-acétabulaire, fracture ou autre pathologie. Un examen clinique et des radiographies permettent d’orienter le diagnostic.
L’arthrose de hanche provoque-t-elle des douleurs la nuit ?
L’arthrose de hanche provoque surtout des douleurs à l’activité. Toutefois, dans certains cas plus avancés ou lors de poussées douloureuses, une douleur nocturne peut apparaître et justifier une consultation.
Peut-on éviter une prothèse de hanche ?
Dans certains cas, les traitements médicaux, la kinésithérapie, les infiltrations ou l’adaptation des activités permettent de soulager les symptômes pendant une période parfois longue. La prothèse est discutée lorsque l’arthrose devient trop invalidante malgré ces traitements.
À quel moment envisager une prothèse totale de hanche ?
Une prothèse totale de hanche peut être envisagée lorsque l’arthrose est évoluée, que la douleur devient importante, que la marche est limitée et que les traitements médicaux ne suffisent plus à maintenir une qualité de vie satisfaisante.